Chaque année, le mois d’octobre se teinte de rose.
Des rubans, des marches, des visages, des chiffres.
Mais derrière cette douceur apparente, il y a des réalités qu’on tait encore trop souvent.
Parce que oui — la santé des femmes afro-descendantes reste minimisée.
On parle d’un “syndrome méditerranéen”, de “résilience naturelle”,
comme si notre douleur était moins réelle, moins urgente, moins digne d’attention.
Et pourtant, on le voit, on le vit.
Dans les hôpitaux, dans les salles d’attente, dans les accouchements.
Des femmes qu’on n’écoute pas. Des signaux qu’on banalise.
Des diagnostics qu’on tarde à poser.
Même Serena Williams, pourtant entourée des meilleurs médecins au monde,
a failli mourir après son accouchement parce qu’on ne l’a pas prise au sérieux.
Elle savait que quelque chose n’allait pas.
Elle a dû insister pour qu’on l’écoute.
Et si elle, avec toute sa notoriété, a dû se battre pour être crue,
imaginez nos sœurs, nos mères, nos filles, ici, chaque jour.
Et puis, il y a Jessica Pettway.
Une jeune femme noire, pleine de vie, créatrice de contenu, maman, née en 1987.
Elle a passé des mois à consulter pour des saignements intenses et des douleurs.
On lui a dit que c’était “normal”.
Que c’était juste des fibromes.
On l’a renvoyée chez elle, encore et encore.
Quand enfin une médecin a pris le temps de la regarder, le diagnostic est tombé :
cancer du col de l’utérus, stade 3.
Mais il était trop tard. Jessica est décédée à 36 ans.
Son histoire bouleverse, parce qu’elle aurait pu être évitée.
Parce qu’elle ressemble à tant d’autres.
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Quand le corps parle, il faut l’écouter
Chez les femmes noires, certains cancers sont plus agressifs.
Le cancer du sein, notamment, est souvent détecté plus tard, faute d’écoute, de suivi, ou de confiance envers un système qui nous a trop souvent déçues.
Et parce qu’on nous a appris à être fortes, à endurer, à ne pas “faire de bruit”,
on remet nos douleurs à plus tard.
Mais oui, c’est grave.
Notre santé, ce n’est pas un luxe. C’est un droit. C’est vital.
Et parler, c’est déjà commencer à guérir.
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Briser les tabous, une conversation à la fois
Octobre Rose, ce n’est pas juste une couleur.
C’est un rappel.
Le rappel qu’on a le droit de se choisir.
D’aller consulter, de poser des questions, de comprendre son corps,
de ne plus se taire.
C’est le moment de parler des fibromes, de l’endométriose, du cancer du col de l’utérus, des douleurs menstruelles.
De toutes ces réalités féminines qu’on minimise, qu’on cache, qu’on normalise.
Parce que nos douleurs ne sont pas imaginaires.
Parce que nos vies comptent.
Parce que le silence ne sauve personne.
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Ensemble, pour une santé visible et inclusive
À la Fondation Tera Ora, nous croyons qu’aucune femme ne devrait affronter la maladie seule.
Nos infirmières, travailleuses sociales, thérapeutes et bénévoles sont là pour écouter, informer, accompagner — avec humanité, bienveillance et respect.
Ce mois d’octobre, et tous les autres, nous le répétons haut et fort :
La santé des femmes noires n’est pas un sujet secondaire.
Elle est essentielle. Elle est urgente. Elle est politique.
Alors parlons-en.
Entre sœurs. Entre générations. Entre communautés.
Parce que parler, c’est déjà résister.
En prendre soin, c’est déjà militer et c’est politique.